légende

Jean-Pierre Gilson / Paris-Roubaix

01 décembre 2011 25 janvier 2012

Création CRP/ « Photographie et Territoire 2011 »

« Je me sens bien dans une vision panoramique, sans effets, ce qui requiert d’être très attentif à son cadre. »

« Jean-Pierre Gilson est natif de Compiègne et le Nord, c’est sa terre natale. Amoureux de ses paysages et de ses ambiances, il photographie depuis cinq ans les petits chemins du Paris-Roubaix. Pour lui la route de cette course mythique qui sillonne le cœur du paysage résume les entrailles d’une région qu’il aime. Alors dès le matin, parce qu’il y a de la rosée et une petite brume entre le lever du jour et onze heures, il renoue avec son habitude d’aller en forêt et rejoint celle qui, le temps d’une fête, porte la course sur son dos pour, les jours restants, s’offrir aux roues des tracteurs ou aux pas d’un promeneur solitaire.
Les vélos sont maintenant absents, les pavés disparaissent sous la boue, les bruits se sont tus, on est très loin de l’ambiance de la course et pourtant on croit presque l’entendre avec cette terre qui nous parle d’effort et du travail de l’homme. Dans le paysage plat avec un bosquet ou un saule qui arrête le regard, il reste l’essentiel, la route qui serpente, ce qu’il appelle la colonne vertébrale. Et puis ajoute-t-il, il s’éloigne rarement de la route, il aime à se tenir tout au bord, comme si cette trace dans l’espace naturel articulait son travail.

On oublierait presque de parler de photographie, de dire qu’il a choisi le panoramique tant il sait, avec maîtrise et précision, transposer l’âme du paysage dans celle de ses images. Il sait aussi manier le noir et blanc avec finesse et élégance, sans s’éloigner de la réalité, avec le respect d’un photographe qui n’a rien à prouver et qui ne cherche pas le spectacle. Le soin de ses cadrages témoigne de sa compréhension de ce qui se passe, rend compte d’une nature farouche et âpre mais fière de s’être fait dompter pour produire ce dont l’humanité a besoin pour se nourrir.
Et si, depuis des siècles, avec patience, effort et ténacité l’homme fait vivre la terre, Jean-Pierre Gilson, dans ses photographies, connaît quant à lui l’art de la faire parler. »

Françoise Paviot, Faire parler la terre, 2010.

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