2015-2016 / DANS L'OMBRE, ON CHERCHE LA LUMIERE - Quentin Derouet & Valentine Solignac avec un groupe de détenus de la Maison d'arrêt de Valenciennes (59)

© Le groupe de détenus de l’atelier photo, 2015
Cette proposition artistique a vu le jour dans le cadre du projet Delta, porté historiquement par les trois centres d’art implantés sur un même territoire, celui de l’ex-région Nord-Pas-de-Calais : L’Espace croisé (Roubaix), L’H du Siège (Valenciennes) et le CRP/ Centre régional de la photographie (Douchy-les-Mines).
Le projet Delta a vocation à rapprocher les artistes des citoyens, à travers des propositions qui peuvent prendre des formes diverses, laissant la part belle à la rencontre avec des démarches de création plurielles.
Pour cette 3ème édition, les centres d’art ont souhaité travailler avec un groupe de détenus de la Maison d’arrêt de Valenciennes, en s’appuyant sur un partenariat existant entre l’établissement pénitentiaire et L’H du Siège.
Quentin Derouet et Valentine Solignac, deux artistes photographes alors en résidence avec le CRP/ sur le territoire valenciennois, à Condé-sur-l’Escaut, se sont vus proposer de s’associer à cette proposition.
Malgré les contraintes imposées par la situation carcérale (déplacements limités, problématiques liées à l’image des personnes incarcérées…) les artistes ont proposé dans un premier temps de fabriquer des images à partir des détenus eux-mêmes, en jouant sur l’idée du portrait chinois, en expérimentant les flous et les temps de pause longs pour semer un trouble visuel, avant de déplacer le regard vers les espaces de la maison d’arrêt, incarnés par une multitude de petits détails – au prime abord insignifiants : une porte vitrée, des gouttes d’eau qui s’écrasent dans la cour, un banc, des murs à la peinture écaillée… mais qui en disent longs sur les réalités de la vie en détention.
Cette proposition visuelle a été complétée par un travail autour du texte et du dessin, par le biais de différents media, avec Nicolas Delfort et Sofian Labbaci, étudiants en Arts à l’Université de Valenciennes, et stagiaires au CRP/ à ce moment-là.
Au final, les images réalisées comme les textes, de par la sensibilité qui y transparaît, tendent à rendre une individualité et une histoire aux détenus tout en donnant à voir leur expérience de l’enfermement, la répétition du quotidien, le temps qui se dilate…
Durée du projet : 30h de rencontres et de co-création
Mise en œuvre : avril 2015 à janvier 2016.
Production :
► 79 tirages pour les deux expositions ; 20 tirages pour les détenus ayant participé au projet
► une édition, recueil des photographies, textes et dessins réalisés par les détenus (100 exemplaires)
Restitution du projet : la restitution de ce projet s’est faite en deux temps : un premier accrochage a été réalisé avec les détenus au sein de la bibliothèque de la Maison d’arrêt le mercredi 27 mai 2015, où les tirages ont été exposés pendant 5 semaines. Face au succès rencontré par cette proposition et dans le souhait de donner à voir ce qui avait été réalisé hors les murs de la prison, dans une volonté de déplacer les regards portés sur la détention, une seconde exposition, Dans l’ombre, on cherche la lumière, s’est tenue à l’Hôtel de Ville de Valenciennes du 6 au 20 janvier 2016. Celle-ci a pu être accompagnée en médiation par Nicolas Delfort, l’un des stagiaires qui avait participé au projet.
► en savoir plus sur Quentin Derouet
► site internet de Valentine Solignac
Ce projet a été mené dans le cadre du programme de co-création « (inter)stices », développé par le CRP/ de 2014 à 2023. Conçus dans la durée, ces projets participatifs réunissent des artistes et des partenaires variés (écoles, hôpitaux, centres sociaux…) pour permettre à chacun de s’exprimer à travers l’image et la photographie. Chaque projet donne lieu à une restitution (exposition, édition, installation…) qui valorise les réalisations et conserve la mémoire de cette aventure collective.