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Q. Derouet, V. Solignac, F. Supervielle / Terre humide

25 avril 12 juillet 2015

Un travail photographique mené à Condé-sur-l’Escaut, dans le cadre d’une résidence de création proposée par le CRP/, en partenariat avec la médiathèque « Le Quai » de Condé-sur l’Escaut

L’incertitude du résultat d’une commande photographique est aussi latente pour l’organisation qui la porte, que pour celui qui doit la développer. Pourtant, ce flottement est aussi inhérent au processus de création qu’à la photographie elle-même. La seule certitude que nous puissions avoir vis-à-vis de l’image photographique, c’est qu’elle multipliera notre perception du réel.
Ces trois séries d’images de Quentin Derouet, Valentine Solignac, et Francisco Supervielle nous offrent trois ouvertures sur un pays : Condé-sur-l’Escaut. Ces photographes ne sont pas partis à la recherche de codes descriptifs, informatifs ou documentaires. Nous croyons en vain que l’image a une capacité d’illustration. Pourtant, la plus grande force de la photographie est sa faculté à évoquer, à tromper, à détourner. Il s’agit bien d’un langage à part entière et ces photographes en sont conscients. Ils se sont appropriés ce territoire à travers leurs inquiétudes personnelles et c’est dans cette démarche que nous découvrons de nouveaux paysages. La photographie a le don de nous faire remarquer ces éléments sur lesquels notre regard ne s’était pas posé, de nous faire dévier du sentier que nous avons construit afin de nous rendre plus vite chez nous, de nous évader de notre quotidien.
Ces corpus d’images sont la preuve que la photographie est une image mentale interne et personnelle. Où se trouve l’unité entre le contraste monochrome de Derouet, la douceur des teintes de Solignac et la pléthore colorée de Supervielle ? Certainement dans les limites territoriales de cette petite ville du Nord – Pas-de-Calais et dans la physionomie de leur démarche. Aussi différentes et opposées qu’elles peuvent paraître à nos yeux, ces trois séries d’images n’en constituent qu’une seule. La source de cette harmonie se trouve dans la durée qu’ils accordent à l’observation. Les incidents se retrouvent dans la lumière. L’éclat lumineux est le seul biais, le seul fil conducteur, la seule source d’inspiration. Cette lueur éphémère dessine une piste, que ces trois photographes sillonnent et nous invitent à arpenter avec eux.

Quentin Derouet, Valentine Solignac et Francisco Supervielle à propos de leur résidence de création