Transmanche 7 / Canal du Nord

Dityvon

Épuisé

Dans l’Europe de 1992, le développement du « grand marché » passe par la constitution de nouveaux réseaux de communication : TGV, tunnel sous la Manche, Eurocités.
Les voies commerciales navigables, dans leur structure multiséculaire, sont pour le moment laissées à l’écart. Le système d’échanges et de rencontres, fondé sur la forte convivialité et sur une grande capacité à appréhender le temps et l’espace, laisse place à de nouveaux systèmes où le critère essentiel est la vitesse et où le regard n’aura plus le temps de se poser. Fixant, peut-être pour la dernière fois, un mode de vie dont l’esthétique fut sacralisée par Simenon et Jean Vigo, Dityvon glisse lentement vers un monde vide où le paysage repose en sa paix éternelle. Mêlant habilement sagesse de la pose et geste débridé, Dityvon consacre à nouveau l’une des forces de sa photographie : retenir une dernière fois la vie dans l’imminence de sa disparition.

Année 1991